Le département de la Drôme est connu pour ses nombreux vins. Rouges, blancs, rosés, tous ont leurs personnalités et chacun développe ses arômes. Il en est un qui reste pourtant confidentiel : le vin de paille de l’Hermitage. Voici ce qu’il en était dit dans une revue régionale en 1835. Bienvenus en Hermitage.

« C’est près de Tain, et sur le territoire de cette commune, qu’on trouve le coteau de l’Hermitage ; le vin qu’il produit, connu depuis longtemps, est certainement un des meilleurs qu’on récolte en France. Boileau le célèbre dans sa troisième satire, composée en 1865.

Echalas dans la vallée du Rhône
© L. Pacale – LaDrôme Tourisme

Les vins de l’Hermitage ne se mettent jamais qu’en tonneaux neufs. Ils ont beaucoup de corps et une belle couleur. On peut les conserver cinq ou six ans dans les futailles, et plus de vingt ans en bouteilles.

Une technique très ancienne …

On fait encore à Tain une espèce particulière de vin blanc, appelée vin de paille de l’Hermitage. MM. Mure et Jourdan en firent les premiers essais, il y a environ 80 ans (1765), d’après les procédés en usage sur le Rhin. Ils choisirent les meilleurs raisins, et les firent sécher, soit sur la paille, soit en les tenant suspendus pendant un mois, après quoi ils les égrappèrent et les soumirent au pressoir. Cette tentative réussit parfaitement ; cependant ces deux propriétaires bornèrent là leur premier essai : ils pensaient que les soins et les dépenses qu’exige la fabrication de ce vin, outre un déchet de près de moitié, s’opposeraient toujours à ce qu’il fût à la portée des consommateurs.

M. Jourdan et quelques autres, ayant jugé différemment depuis, ont renouvelé la première épreuve plus en grand : elle a été suivie d’un plein succès, et le vin de paille de l’Hermitage a été considéré dans plusieurs cours de l’Europe comme l’un des meilleurs vins de liqueur connus.

… pour un vin aux nombreuses qualités

Ce vin, dont la couleur est dorée et dont le parfum est analogue au goût du raisin séché au soleil, ne commence à fermenter que plusieurs mois après qu’il a été fait, de sorte qu’on peut dire que la première année ne compte pas pour apprécier son âge. Cette fermentation dure quelquefois six ans. Ce n’est qu’au bout de huit à neuf ans (lorsque d’ailleurs il a réussi, ce qui n’arrive pas toujours) qu’on peut, sans hésiter, le livrer à la consommation. »

Pressoir dans les vignes
© Studio Mir – LaDrôme Tourisme

Heureusement quelques dizaines d’années plus tard, les techniques sont connues et maîtrisées. Et tout cela, pour que nos papilles en connaissent le meilleur. Alors nous vous souhaitons une belle dégustation, avec modération.

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