Le XVIIIe siècle fut marqué par des événements météorologiques réguliers qui s’inscrivent dans une période appelée « Le Petit Âge glaciaire ». Celui-ci dura du XIVe au XIXe siècle et toucha avant tout l’Europe. La France et le territoire de la Drôme n’y ont pas échappé. Tout fut détérioré, détruit par le gel et le froid ; les récoltes dont celle des noix se firent de plus en plus maigres. Petit retour sur ce siècle qui mit l’activité nucicole en difficulté.

Un début de siècle difficile

Tout commence en 1704, lorsqu’est un rapport sur les dégâts causés par la grêle tombée entre le 15 juillet et le 3 août dans le canton de Bourg-de-Péage : « il y aura seulement 1/30 de la récolte du vin, 1/3 de celle des noix et amandes ». En 1728, un autre rapport indique que les récoltes sont « médiocres en blé et en seigle, en légumes, vin, noix, chanvre, fourrage et vers à soie, à cause des pluies froides ».

Cerneaux de noix
© L. Pascale – LaDrôme Tourisme

En 1740 les dégâts furent encore considérables dans le canton du Grand-Serre, comme en témoigne un certain M. Morel : « L’année 1740 fut, après 1709, la plus mauvaise de notre souvenir. Comme l’été de 1740 fut beau, il y eut des fruits assez abondants ; mais l’hiver commença le 1er octobre, et ceux qui étaient dehors, les raisins, les noix et les châtaignes, périrent totalement. »

A Chabeuil, en 1750, une requête a été déposée auprès de l’Intendant pour obtenir un dégrèvement fiscal parce que « la récolte du vin a été fort petite et encore plus celle des noix ».

1758, l’année témoin.

Mais 1758 est l’année pour laquelle nous avons le plus de documents. En quelques mots, plusieurs témoignages pris en divers endroits se recoupent. Ainsi, du côté de Bourg-de-Péage un témoignage nous apprend « qu’il tomba une gelée si forte qu’elle fit mourir les seigles. Cette gelée emporta toutes les noix, les amendres, fit arriver le bled à 16 livres le sestier. Heureusement on travailla tout l’hiver de 1759 ; il n’y eut point de froid, en sorte que les pauvres purent chercher à vivre ».

Maillet et Noix sur un plateau en bois
© L. Pascale – LaDrôme Tourisme

Ailleurs, nous pouvons lire une note qui nous apprend que « le 17 avril 1758, il tomba une gelée du soir au matin qui emporta quatre récoltes sans aucune espérance : les cocons par la disette de la feuille, qui fut totalement brûlée, les noix, les amandes et le vin par le dessèchement des vignes. Ailleurs enfin, un certificat établi dans le canton de Tain nous indique que le grand gel du 17 au 18 avril 1758 a brûlé la feuille de mûriers, détruit les noix et les glands, endommagé les vignes, les seigles et les blés.

En définitive, malgré l’imposante ossature du noyer et ses diverses enveloppes susceptibles de la protéger, la noix reste un fruit fragile. Mais heureusement, des femmes et des hommes passionnés savent à chaque fois lui redonner vie.

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